Comment ouvrir une micro-entreprise

Ouvrir une micro-entreprise ne coûte rien : la formalité passe par le guichet unique de l’INPI, et seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation (INPI, 2026). Tout le reste se joue ailleurs. En 2026, le régime tient dans deux chiffres, 203 100 euros de chiffre d’affaires pour la vente de marchandises et 83 600 euros pour les prestations de services (URSSAF, 2026). Voici le pas-à-pas, expliqué comme à l’atelier : ce qu’il faut préparer, dans quel ordre, et les trois endroits où l’on se bloque pour rien.
Avant de se lancer
Un meuble ne s’assemble pas avant d’avoir sorti toutes les pièces sur l’établi. Une micro-entreprise, c’est pareil. Trois choses se préparent avant de cliquer sur « créer mon entreprise ».
D’abord l’activité, en une phrase simple : tu vends des objets, tu vends un service, ou tu exerces une profession libérale. Ce choix n’a rien de cosmétique. Il décide du seuil qui te concerne et du taux de cotisations que tu paieras, de 12,3 % pour la vente de marchandises à 25,6 % pour les activités libérales relevant du régime général (URSSAF, 2026).
Ensuite le nom. Un nom d’exploitation suffit pour démarrer, à condition de vérifier qu’il n’est pas déjà pris. Le contrôle prend deux minutes et t’évite un courrier désagréable six mois plus tard.
Enfin la date de début. Elle n’a pas besoin d’être le 1er janvier. Elle fixe le point de départ de tes déclarations, rien de plus. La fiche officielle de création d’entreprise, sur entreprendre.service-public.gouv.fr, détaille les pièces à fournir selon ton cas.
Ce qui coince concrètement à la maison
Le premier mur n’est pas administratif, il est dans la tête : tu crois qu’il faut un local, un comptable et un compte professionnel payant. Regarde ce que dit la règle. Un compte bancaire dédié ne devient obligatoire qu’à partir de 10 000 euros de chiffre d’affaires sur deux années civiles consécutives (loi PACTE, 2019). Au démarrage, ton compte personnel suffit, à une condition : ne pas mélanger les deux.

Deuxième mur, la TVA. Beaucoup renoncent en imaginant une comptabilité lourde. La franchise en base repose en 2026 sur des seuils de 85 000 euros pour les ventes et 37 500 euros pour les services, avec des seuils majorés de 93 500 et 41 250 euros (article 293 B du CGI, 2026). En dessous, tu factures sans TVA, sans ligne supplémentaire à tenir.
Troisième mur, très concret quand on travaille de chez soi : le coin où l’on s’installe. Un bureau posé dans un salon traversé par toute la maison coûte plus cher en concentration qu’en mobilier. Quelques repères pour aménager un coin bureau dans un petit espace valent mieux qu’un achat précipité.
La méthode, étape par étape
Les chiffres à connaître d’abord, parce qu’ils commandent tout le reste.
| Poste | Montant 2026 | Unité |
|---|---|---|
| Seuil de chiffre d’affaires, vente de marchandises | 203 100 | euros par an |
| Seuil de chiffre d’affaires, prestations de services | 83 600 | euros par an |
| Cotisations sociales, vente de marchandises | 12,3 | % du chiffre d’affaires |
| Cotisations sociales, activités libérales (régime général) | 25,6 | % du chiffre d’affaires |
| Franchise en base de TVA, ventes | 85 000 | euros (seuil majoré 93 500) |
| Franchise en base de TVA, services | 37 500 | euros (seuil majoré 41 250) |
Sources : URSSAF, 2026 ; article 293 B du CGI, 2026.
Maintenant le geste, dans l’ordre.
- Rassemble les pièces : pièce d’identité, justificatif de domicile, et selon l’activité une attestation ou un diplôme. C’est l’étape qui prend le plus de temps, et la seule qui dépend de toi.
- Dépose le dossier sur le guichet unique de l’INPI, en ligne, pour une activité commerciale, artisanale ou libérale. La formalité est gratuite (INPI, 2026).
- Reçois ton SIRET par voie électronique, puis ton code APE. Ces deux numéros ouvrent la facturation, le compte pro et l’assurance.
- Ouvre un compte dédié le jour où tu franchis les 10 000 euros sur deux années civiles consécutives. Avant, note simplement chaque encaissement.
- Déclare ton chiffre d’affaires à l’URSSAF, chaque mois ou chaque trimestre, même quand il est nul. C’est cette déclaration qui calcule tes cotisations, dont le taux va de 12,3 % à 25,6 % (URSSAF, 2026). Le détail des échéances est ici : cotisations d’une micro-entreprise.
Ce qui ne marche pas, et pourquoi on le fait quand même
Trois raccourcis circulent, et aucun ne tient.
Choisir la micro-entreprise « pour ne pas payer de cotisations ». Tu en payes sur chaque euro encaissé, de 12,3 % à 25,6 % selon l’activité (URSSAF, 2026). Ce que le régime épargne, c’est la comptabilité, pas les prélèvements.
Attendre d’avoir des clients avant de créer le statut. Une activité qui rapporte se déclare dès le premier euro, et l’absence de statut ferme des portes : pas de facture propre, pas de compte pro, pas d’assurance professionnelle.
Copier le statut du voisin. Le régime dépend de ton activité et de ton chiffre d’affaires, pas de celui d’à côté.
Alors pourquoi on le fait quand même, et sans hésiter ? Parce que la formalité est gratuite, qu’elle se corrige, et qu’elle se quitte. Le vrai risque n’est pas de mal choisir, c’est de rester deux ans à côté de son projet, un carnet à la main, sans rien déposer.
Le geste d’artisan qui change tout
Il tient en une ligne : note chaque encaissement, le jour où il tombe. Un menuisier trace ses coupes avant de scier. Toi, tu traces tes entrées d’argent. Trois colonnes suffisent, date, client, montant. Ce carnet te rend ta déclaration en cinq minutes, il te prévient quand tu approches des 83 600 ou 203 100 euros, et il te sert de preuve le jour où quelqu’un te demande des comptes. Aucun logiciel n’est nécessaire pour commencer.
Tu sais maintenant par où commencer
Tu sais que la formalité est gratuite, où sont les deux seuils, et pourquoi le compte bancaire peut attendre. Le juge de paix n’est ni le guichet ni le formulaire : c’est ta première déclaration qui tombe juste. Pose ton carnet sur l’établi, écris tes trois colonnes, et dépose le dossier. Et si un point bloque sur ton cas précis, l’URSSAF ou un comptable répond sur ta situation, pas sur la moyenne.
FAQ : les questions qui reviennent
Combien de temps prend l’ouverture d’une micro-entreprise ? Le dépôt sur le guichet unique se fait en une séance, si tes pièces sont prêtes. Ensuite, le délai dépend de l’organisme qui traite le dossier et des vérifications liées à ton activité. Tu reçois ton SIRET par voie électronique, et tu peux facturer à partir de là.
Peut-on ouvrir une micro-entreprise en étant salarié ? Oui, le cumul est prévu, avec des conditions qui varient selon ton contrat et ton activité. Vérifie ta clause d’exclusivité et l’accord de ton employeur quand il est requis. Un simulateur officiel te donne ta situation exacte en quelques minutes.
Que se passe-t-il si je dépasse les seuils ? Rien du jour au lendemain. Les seuils de franchise de TVA sont de 85 000 euros pour les ventes et 37 500 euros pour les services, avec des seuils majorés de 93 500 et 41 250 euros (article 293 B du CGI, 2026). Le passage au régime réel s’apprécie sur deux années, et l’URSSAF tranche selon ton activité.
Faut-il un compte bancaire dédié ? Seulement à partir de 10 000 euros de chiffre d’affaires sur deux années civiles consécutives (loi PACTE, 2019). Avant, ton compte personnel fait l’affaire, à condition de séparer les flux pour ne pas t’y perdre au moment de déclarer.


